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Google Earth VS Géoportail : Récit d'un match à domicile
Par Christophe Olry, Futura-Sciences, le 23/06/2009 à 15h17


Cocorico ! Le site de Géoportail, déjà surnommé le « Google Earth à la française », vient de sortir du vestiaire aujourd’hui même. L' Institut Géographique National nous propose ainsi de naviguer en 2D sur la France métropolitaine, la Corse et les DOM TOM.

Futura-Sciences vous propose d’assister au match à domicile Google Earth VS Géoportail. Avant-match, pronostics, première, seconde et troisième mi-temps. Prenez place, le coup de sifflet de début de rencontre va bientôt être donné !


Le stade de Cologne Coup de sifflet du match à domicile Géoportail - Google Earth ! (Crédits : Google)
Le stade de Cologne
Coup de sifflet du match à domicile Géoportail - Google Earth !
(Crédits : Google)

I L’arrivée des deux équipes sur le terrain



Première équipe à entrer sur le terrain : Google Earth, développé par le géant Google. Né en août 2005, ce logiciel avait suscité dès sa sortie un engouement planétaire. Le concept : rassembler des images satellites de la Terre – certaines pouvant dater de plusieurs années - pour modéliser notre planète, afin de permettre aux utilisateurs de naviguer d’un continent à un autre en quelques clics, de zoomer sur les zones de leur choix. Les possibilités proposées par ce logiciel, dont les ressources colossales sont diffusées en « streaming » depuis Internet, sont nombreuses : se promener virtuellement dans sa ville, s’envoler vers la prochaine destination de ses vacances pour repérer les lieux, voire partir à la recherche de chaînes de cratères insoupçonnées ! Google Earth a suscité de nombreuses vocations, dont celles d’aventuriers en quête de lieux insolites, de lieux sensibles – comme la maison blanche ou des bases militaires.

Google Earth est disponible en version gratuite, en version payante pour
utilisation personnelle (20 dollars US à l’année) ou en version Pro (400 dollars US à l’année). Les versions Plus donnent accès à différentes options, dont la possibilité ajouter des bâtiments en 3D ou avoir recours à des fonctionnalités GPS, comme récupérer rapidement ses points GPS, dans l’optique de préparer par exemple sa prochaine randonnée.

La seconde équipe à sortir des vestiaires, près d’un an après Google Earth : Géoportail, proposé par l’Institut Géographique National. Cette fois-ci, il n’est plus question de parcourir le monde entier, mais uniquement les territoires de France métropolitaine, de Corse et des départements d’Outre-Mer. La mission de l’IGN : mettre en place progressivement, et ce à partir de l’été 2006, une photographie géante de la France, réactualisée tous les cinq ans, sur laquelle il sera possible de se promener à l’instar de Google Earth. Pour ce faire, ce sont 400.000 vues d’avion numérisées qui sont utilisés, soit un dixième du fond à disposition de l’IGN, ainsi que 3.688 cartes à l’échelle 1 : 25.000 (1 centimètre sur la carte = 250 mètres sur le terrain), 1 : 100.000 (1 centimètre sur la carte = 1 kilomètre sur le terrain) ou 1 : 250.000 (1 centimètre sur la carte = 2,5 kilomètres sur le terrain)..

II Considération d’avant match et pronostiques

II.1 Un match à domicile

Comme nous venons de le voir, les objectifs de Google Earth et de Géoportail ne sont pas les mêmes, et il convient de comparer ce qui est comparable. Le premier est planétaire, le second français. Donc le match d’aujourd’hui reviendrait plutôt à un Google France VS Géoportail.

En match à domicile sur les terres françaises, Google Earth part défavorisé. En effet, le logiciel développé par la société américaine, s’il a pour objectif d’offrir une vision de l’ensemble du globe, se focalise en particulier sur les Etats-Unis. Ainsi, sans recourir à des ressources extérieures, les modélisations 3D des immeubles sont réservées aux villes des Etats-Unis, et seules quelques villes de France jouissent d’une résolution élevée. Ainsi, le nouveau détail des images fournies dépend fortement de la région considérée, et celui-ci est maximal au-dessus du campus de Google (37°25'20.35" N et 122°05'06.00" W) ou elle peut atteindre 2,58cm/pixel. Alors que Géoportail propose des visions détaillées de la Corse, Google Earth reste assez flou quant il est question de l’île de beauté :

III.2 Le jeu collectif

Si Google Earth peut à première vue sembler avare en représentations 3D et en informations dès qu’il est question de la France, le logiciel pallie à cette faiblesse apparente grâce à son très fort sens du collectif. En effet, il s’appuie sur une large communauté d’internautes, qui ont la possibilité de marquer des sites à l’aide de « punaises » et d’associer aux lieux des données complémentaires. En zoomant sur la Tour Eiffel, on a ainsi la possibilité de visualiser sa base, et de décrire une rotation de 360 degrés « comme si on y était ».


La communauté d'internautes qui gravite autour de Google Earth permet à tout un chacun de découvrir les productions des autres utilisateurs, y compris d'avoir une vision panoramique interactive dela base de la Tour Eiffel

Les internautes peuvent également modéliser avec le logiciel SketchUp des monuments et de les parer de somptueuses textures.


La Tour Eiffel vu par Google Earth, avant que la communauté n'y ajoute sa touche personnelle



La Tour Eiffel vu par Google Earth, après que la communauté y ait ajouté sa touche personnelle


Qu’en est-il du jeu collectif de celui qui s’affiche comme son concurrent français ? Dès la page d’accueil, l’IGN annonce la couleur : « Ensemble, nous bâtissons le géoportail ». Dans un proche avenir – d’ici au deuxième semestre 2007, l’Institut compte passer des accords avec différents partenaires, tels que les collectivités locales, afin d’enrichir les données. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) intégrera à l’outil son « géocatalogue » rassemblant 980 cartes géologiques ainsi que des infrastructures de transport, des plans d'urbanisme et des cartes de prévention des risques. Puis ce seront au tour de 87départements de se voir attribuer des données topographiques précises, où figureront entre autres 700.000 cours d’eau, 1,3 million de kilomètres de routes et chemins de randonnées et 18 millions d’édifices. Enfin, 550.000 planches de cadastres soient consultables depuis Géoportail.


III Première mi-temps :Un départ difficile pour Géoportail

Dès l’ouverture du match, programmée à 12h le 22 juin 2006, l’affluence sur le site et le l’impossibilité d’accéder à autre chose que la page d’accueil nous a rappellé que l’IGN n’avait pas les moyens techniques de Google. Victime de son succès et de la grosse campagne de communication qui l’entourait, Géoportail est resté indisponible pendant plus de **** jours.

Qu’est-ce qui a coincé les gonds du portail ? Les 245.000 personnes qui se pressaient en moyenne à la porte toutes les heures, et ce durant les deux premiers jours, ainsi que le sous-dimensionnement prévu par l’IGN à l’occasion de l’inauguration de Géoportail. La rencontre des deux donnait lieu à un site croulant littéralement sous les requêtes.

Le site Geoportail est resté inaccessible pendant **** jours (Crédits : IGN)
Le site Geoportail est resté inaccessible pendant **** jours (Crédits : IGN)


En première mi-temps, il a donc fallu se contenter de l'équipe des coiffeurs, en la présence du site de pages jaunes.fr proposant des clichés aériens fournis par l'IGN, et probablement réutilisé par Géoportail à un niveau de qualité supérieur (une hypothèse vérifiée par la comparaison du port de Bastia vu depuis le site pages jaunes.fr et depuis Geoportail, qui sont semblables en tout point)

La comparaison des vues de la Tour Eiffel offertes par Google Earth et Pages Jaunes sont clairement à l'avantage du premier : Google Earth propose en effet un niveau de zoom et de détail nettement supérieur :


La Tour Eiffel vue par Google Earth
On voit nettement la file d'attente au niveau du pilier

La Tour Eiffel vue par pages jaunes.fr : la possibilité de zoomer est plus restreinte, et, à grossissement égal, la qualité est inférieure


Par contre lorsque l'on quitte la capitale pour gagner l'île de Beauté et zoomer sur le port de Bastia, il ne fait aucun doute que les vues aériennes de l'IGN prennent le dessus :

Mais quelle est cette masse grise qui semble à quais ? " border="0" />
Le bord de mer de Bastia vu par Google Earth
Mais quelle est cette masse grise qui semble à quais ?
Ah oui, il s'agit d'un bâteau !
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Le bord de mer de Bastia vu par Pages Jaunes
Ah oui, il s'agit d'un bâteau !



LEGENDE1

LEGENDE2


III Seconde mi-temps : Une équipe plus disponible

En seconde mi-temps, soit quatre jours après l'ouverture officiel du portail, le site est enfin opérationnel, et nous découvrons enfin l'équipe A.

Malheureusement, encore une fois, on vérifie sur le mont saint michel que le niveau de zoom maximal proposé par Géoportail est nettement inférieur à celui de Google Earth :


LEGENDE1

LEGENDE2



LEGENDE1

LEGENDE2












Comme prévu, Géoportail débute ce match aller à deux dimensions, et perd donc des points par rapport à Google Earth, qui propose dans certaines villes américaines des vues en 3D des buildings. La navigation sur le territoire français et dans les DOM TOM se fait à la souris, ou à l’aide de l’interface permettant de saisir une ville, un monument voire une expression. On voit apparaître en surimpression des cartes IGN diverses informations comme le nom des communes et des reliefs, ainsi que le numéro des routes.

En ore

L’interface

La résolution


Des zones d’ombre sur le terrain

A sa sortie Google Earth avait suscité l’engouement et la colère de certaines agences ou certains officiels, offusqués de voir leurs installations exhibé avec un tel détail sur Internet. C’est ainsi que Ian Smith, responsable de la « Australia Nuclear Science and Technology Organization » avait demandé au géant américain de gommer la centrale nucléaire australienne de son outil.

De même, Géoportail conservera quelques secrets. Que vous souhaitiez entrer dans la résidence secondaire de Jacques Chirac, le château de Bity en Corrèze, ou encore survoler la base opérationnelle nucléaire française sur l’île Longue, vous ne trouverez qu’une zone floutée.

Prolongations

En septembre prochain, Géoportail s’enrichira d’une troisième dimension et permettra aux internautes d’accédez aux premières couches d'information de service public. L’utilisateur pourra choisir une altitude et parcourir un trajet donné en volant au-dessus du paysage en 3D. Vous pourrez ainsi suivre un cours d’eau, visualiser les plages de vos futures vacances, ou retourner voir les montagnes dont vous avez dévalé les pentes l’hiver dernier.




 
   


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